Je continue ainsi mon enquête et après une phase bibliographique nécessaire, j'ai commencé une série d'entretiens avec des personnes ressources.
J'ai eu deux entretiens la semaine dernière :
- le premier avec Marie Jo Drouet, directrice au Bureau de la Délégation Wallisienne.
- le second avec Katy Ribault, chef du service du maire et du protocole, de la Marie de Nouméa.
En dehors des informations que j'ai pu retirer, j'ai pu prendre contact avec :
-Henriette Falelavaki et Mr. Amasio, adjoint au maire de Dumbéa.
-André Thevenot ancien responsable wallisien de brigade et ayant obtenu l'ordre du mérite
-Ana LOGOLOFOLAU : 4e adjoint au maire du Mont Dore.
-Malia MAUGATEAU : agent municipal et adjointe (?) de la mairie de Nouméa.
- Gilles BLADINIÈRES, commissaire de la prochaine exposition au centre culturel JM Tjibaou pourtant sur les migrations wallisiennes et la communauté wallisienne de Nouvelle-Calédonie
-Marie Laure Lafleur, chargée du protocole du président de la Province Sud.
Pour la première partie de mon mémoire, j'ai voulu orienter mon sujet sur le questionnement géographique que l'on pourrait avoir.
Voici quelques pistes que j'ai déjà creusées.
Depuis plusieurs semaines je suis à la recherche de données statistiques plus récentes que 1996, en vain. (A cause de l'abandon de la question ethnique au dernier recensement et des restrictions imposées par la CNIL)
- Comment savoir ou estimer le nombre de la population wallisienne en NC
- leur localisation par commune (ou par quartiers) dans le grand Nouméa
- leur accroissement naturel et l'évolution du nombre de migrants wallisiens en NC
- leur évolution socioprofessionnelle
- l'évolution de leur habitat (Population wallisienne en Squat ? en résidence ? en maisons individuelles ? en logements sociaux ?)
- l'évolution des mandats (financiers) entre la Nouvelle-Calédonie et Wallis.
Pour chacune de ces questions, j'ai déjà interrogé l'ITSEE, l'observatoire des statistiques, l'IEOM, la maison de l'habitat, la province Sud et le Haut Commissariat. A chaque fois, ils me répondaient qu'ils ne possédaient pas ce type de données en raison des restrictions de la CNIL et de l'intervention de Jacques Chirac en 2003.
Mr Bladinières, qui a déjà effectué ces recherches, m'a confirmé qu'il avait, lui aussi, rencontré ce problème et m'a suggéré de me baser sur les chiffres de 96, tout en utilisant un coefficient multiplicateur (comme la fécondité, pour l'accroissement naturel) que je déterminerai après un éventuel entretien avec un responsable de l'ISEE. Les seuls chiffres que je pourrai obtenir seront donc des estimations et des projections (comme par exemple, ce qui a été fait pour la Calédonie en 2030)
Par rapport à ces questions géographiques, je pourrai aborder le thème des migrations wallisienne, comme pilier de leur culture et faire un rappel historique de leurs multiples voyages en Nouvelle Calédonie et ensuite, rappeler le rôle de la mission catholique, du contexte économique influençant leur implantation en NC... Les wallisiens, peuple de navigateurs, sont arrivés en NC dès le 11ème siècle. Leur implantation est beaucoup plus ancienne que ce que l'on croit...
Pour la seconde partie de mon mémoire, je songeais aborder le problème de la double culture wallisienne, entre tradition et modernité, entre religion et poids de la coutume. Les conflits entre les générations (les barrières de la langue, une représentation de la coutume et de la religion différente) scindent une communauté qui tente d'avoir une identité assez représentative à l'échelle du Caillou.
Enfin pour la troisième partie de mon mémoire, je voulais répondre à la problématique de l'intégration géographique, sociale, politique, de la communauté wallisienne dans le grand Nouméa et traiter des relations et des rapports d'influences avec les autres communautés (Kanak, Européens). Troisième homme de la construction citoyenne calédonienne ou marginal bafoué dans un duel blancs/kanak ?
A travers ces axes, je souhaite réaliser une approche suffisamment géographique de la minorité Uvéenne en Nouvelle-Calédonie pour répondre à la question suivante "Par quels processus géographiques (migrations, rapport au foncier, à l'espace disponible pour s'implanter) la double culture wallisienne s'est intégrée à la quête citoyenne et identitaire d'une Nouvelle-Calédonie en marche vers l'autonomie ?"
Pour les courageux qui sont arrivés jusque là, dites moi, ce que vous en penser...
A bientot,
PC


